jouet sexuel

Comment bien choisir un jouet sexuel ?

Faire le choix d’un jouet sexuel peut être complexe; c’est pourquoi j’ai voulu proposer ce petit guide pour s’y retrouver. J’ajouterais aussi que, même si ce guide est exhaustif, il ne constitue en aucun cas une pression ou une obligation à acheter des jouets sexuels. Vous en utilisez si seulement si vous en avez envie! 🙂

L’apparence

Les matériaux

Les fonctions

Types de jouets

L’entretien

Le prix

De nos jours, une panoplie de jouets sexuels sont disponibles pour satisfaire nos désirs, des plus simples aux plus hétéroclites. Il y a en a tellement qu’il peut être difficile de faire un choix parmi cette quantité phénoménale d’objets. Comment faire, alors, quand on a envie d’explorer et de s’en procurer, mais qu’on n’a aucune idée par où commencer? Je vous propose un petit guide en cinq étapes pour savoir comment magasiner votre outil de plaisir avec confiance. 

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1.L’apparence 

Cela peut sembler anodin, mais le look de votre jouet a une grande importance. En effet, si vous achetez un objet qu’on vous a chaudement recommandé, mais qui ne vous interpelle pas; il restera dans la commode à côté de votre lit. Bien que cela puisse paraître superficiel, il demeure que vous choisissez un objet avec lequel vous allez créer une intimité. Si son apparence vous laisse indifférent.e, voire vous répugne, votre relation avec ce jouet part bien mal. Ainsi, il faut aller vers un jouet sexuel qui vous plaît. Trouvez un objet que vous trouvez joli et attirant et avec lequel vous avez envie d’interagir. Sa couleur, sa forme, sa grosseur sont à prendre en compte dans votre choix.

Privilégiez des objets qui vous semblent attrayants, amusants et vers lesquels vous êtes naturellement porté. Gardez en tête que ce jouet servira à explorer votre corps et vos parties intimes; vous ne voulez pas y insérer quelque chose qui vous fait zéro effet. Voyez un peu cela comme le choix d’un.e partenaire pour une nuit prometteuse. Vous allez certainement choisir une personne qui vous plaît, vous attire et vous excite. Et pas quelqu’un.e qui ne vous fait aucun effet ou, pire, vous révulse. Faites votre sélection avec bienveillance envers vous-même.  Gardez en tête ceci: c’est votre plaisir que vous cherchez à satisfaire. On veut quelque chose qui puisse y répondre agréablement. Ainsi, sa texture et son odeur sont aussi à prendre en compte dans votre sélection. 

Odeur de char neuf à proscrire

Il est d’ailleurs important de noter que, si votre jouet sexuel a une très forte odeur de plastique, vaut mieux ne pas l’utiliser. Les chances qu’il contient des phtalates sont assez importantes. Ce sont des composés chimiques qui vont servir à « assouplir les plastiques » afin de rendre les jouets plus flexibles. Mais il ne faut pas privilégier la souplesse du matériau au détriment de sa santé.

En effet, les phtalates, aussi rebaptisés everywhere chemicals, tellement ils sont communs et partout, sont considérés – selon plusieurs études –  comme la cause de nombreux problèmes de santé et comme des perturbateurs endocriniens. Cela dit, leur réglementation est encore très limitée et il reste encore beaucoup à faire pour prouver – aux autorités cette fois –  leurs effets nocifs sur la santé humaine. Mais plusieurs spécialistes des jouets sexuels s’entendent : votre jouet émet une forte odeur en ouvrant l’emballage? Sa texture vous semble collante et poreuse? Mieux vaut le remettre dans sa boîte ou l’utiliser avec des préservatifs. Ce qui nous mène à un autre point crucial : les matériaux. 

2. Les matériaux

Il existe maintenant des tas de matériaux différents avec lesquels sont conçus les jouets sexuels. Voici quelques exemples, en commençant par les matériaux recommandés et en finissant avec les matériaux à éviter. 

Recommandés 

Le silicone : il a une très faible odeur, n’est pas poreux, est sécuritaire pour les contacts internes et externes et facile à nettoyer. Il peut changer de forme avec la chaleur. Il est souvent plus dispendieux, parce que plus durable. Si vous faites venir votre jouet sexuel des États-Unis, on fait une différence entre le silicone de qualité médicale et celui de qualité alimentaire (pour fabriquer des plaques de cuisson, par exemple). Assurez-vous d’avoir un jouet fait du premier, le silicone médical accepté par la FDA, car il semble que peu d’études ont été faites sur l’interaction directe avec le corps humain et le second, alimentaire. Peut seulement être utilisé avec des lubrifiants à base d’eau. 

Le verre : idéalement fait de verre borosilicate (du pyrex, utilisé pour les accessoires de cuisine), il est non poreux, non toxique et on peut en faire de 1001 textures. Ce matériau est idéal pour jouer avec les températures (chaud/froid). Son poids peut être intéressant pour une personne qui souhaite ressentir une pression sur certaines parties du corps. Avec un bon lubrifiant, on considère qu’il peut devenir pratiquement sans friction (contrairement au silicone dont on sent toujours la texture, par exemple). On le recommande même aux personnes en période post-ménopause qui peuvent vivre avec de la sécheresse vaginale et l’amincissement des parois vaginales, ce qui peut causer de l’irritation et des douleurs. Il peut même se mettre au lave-vaisselle. 

L’acier inoxydable : non poreux, il s’acclimate à la température du corps et est facile à nettoyer. On peut le mettre au lave-vaisselle ou simplement le faire bouillir. On considère que c’est parmi les jouets sexuels les plus sécuritaires à partager, étant donné la facilité à les stériliser. Les jouets dans ce matériau sont plus chers, plus lourds, mais ils peuvent durer une vie entière, s’ils sont bien conservés. 

La porcelaine : elle est durable, facile à nettoyer, non poreuse et sans produits chimiques. C’est un matériau de plus en plus primé, mais encore méconnu. Selon la boutique montréalaise Désirables, qui conçoit des jouets sexuels en porcelaine, l’objet peut être bouilli ou mis au four pour le stériliser. Il retient aussi chaleur et froid et peut être utilisé avec n’importe quel type de lubrifiant. La céramiste montréalaise Estelle Bonhomet-Proulx fait même un vase-godemichet. Un vase avec un couvercle dans lequel se cache, un dildo! 

Le bois : ce matériau plus rigide est populaire depuis quelques années déjà. Choix plus écolo, il est aussi léger et souvent conçu avec une finition de qualité médicale et non toxique. Il y a des jouets avec des finis mats et lustrés, selon l’effet désiré. Le bois permet aussi de créer des formes plus extravagantes et originales. Non, pas de danger d’échardes à l’horizon! 

Le plastique dur/l’acrylique : c’est un matériau non poreux, durable et qui est hypoallergène.  

À éviter

(ou à utiliser avec un préservatif et/ou comme jouet pour exciter à travers les vêtements (ex.: dry humping))

Le caoutchouc/jelly : peu cher, souvent avec des couleurs très attrayantes et dans des formes très réalistes, cela demeure un matériau poreux. Il sent fort et peut causer des réactions allergiques. Il ne peut pas se stériliser et, s’il est partagé, doit être absolument utilisé avec un préservatif. 

Le vinyle : il peut contenir des phtalates, est poreux et ne peut pas se désinfecter. 

Et pour les pratiques de type BDSM, il faut savoir que le cuir est un matériau poreux. On parle ici surtout d’objets comme des vêtements et des harnais, par exemple, mais ils peuvent être en contact avec les parties génitales et les fluides corporels. 

3. Les fonctions  

Come As You Are, coop féministe située à Toronto, largement inspirée de Good Vibrations à San Francisco, une boutique pionnière en matière de sexualité positive, propose un choix de questions auxquelles répondre pour bien sélectionner son jouet sexuel. 

Les questions à se poser

Par exemple, on demandera ceci: 

  • Vibration ou pas?
  • Le jouet sert-il seulement pour des touchers externes ou internes?
  • Est-ce qu’on veut quelque chose qui va aussi servir à stimuler la zone G ou la prostate?
  • A-t-on besoin que l’objet soit silencieux? Discret?
  • Est-ce qu’on a tendance à se fatiguer vite et, si oui veut-on un objet léger et/ou avec un interrupteur facilement accessible? A-t-on des restrictions physiques, des handicaps qui demandent un jouet sexuel plus adapté?
  • Quelle grandeur/grosseur doit-il avoir? Doit-il être facilement transportable? Par exemple, peut-on voyager avec?

On peut aussi ajouter ceci :

  • Veut-on un jouet qui peut s’utiliser seul.e ou à deux?
  • Est-ce qu’on veut l’utiliser dans la douche? Sous l’eau?
  • Est-il facile d’entretien?
  • Préfère-t-on avec fil, sans fil ou avec batteries?
  • A-t-il besoin de lubrifiant?
  • Est-il fait avec un matériau sécuritaire? (voir section précédente)

Pour un aperçu de divers objets sexuels et leurs fonctions, l’autrice et éducatrice en sexualité Zoë Ligon propose la série Sex Stuff. Inutile de dire que c’est très NSFW.

Les types de jouets

Côté sensations et types de jouets, il y en a toute une panoplie. Voici une petite liste des jouets existants et de leurs fonctionnalités. Sur plusieurs sites, on recommande d’avoir un jouet pour pénétration interne qui possède une base. Cela permet, si on insère le jouet dans un orifice, particulièrement l’anus, de le « perdre ». En effet, la base permet de rester à l’extérieur et d’éviter un effet de succion qui pourrait le faire entrer à l’intérieur et avoir de la difficulté à l’en sortir. Aussi, concernant la petite liste des types d’objets sexuels qui suit, entendons-nous: c’est une description de l’utilisation proposée pour ces jouets, mais il se peut très bien que vous les utilisiez autrement. Tant que cela vous procure du plaisir et que c’est sécuritaire, amusez-vous! 

Le dildo : avec sa forme souvent phallique, il sert surtout à effectuer une pénétration dans le vagin, l’anus ou la bouche. Certains peuvent être plus courbés pour stimuler la zone G, la prostate, etc.

Le vibrateur: il peut avoir des formes très variées et servir autant à stimuler le clitoris, la vulve, le vagin que le pénis, le scrotum, l’anus et d’autres parties du corps (ex.: seins, mamelons). 

Le jouet à succion : axé sur le clitoris, il sert à créer un effet de succion sur ce dernier afin de le stimuler. Élément important à noter: plusieurs personnes m’ont dit avoir eu des blessures et des douleurs au niveau du clitoris, parce que la puissance de certains appareils était trop intense. C’est aussi à vérifier avant de vous lancer. 

La plogue anale ou buttplug: sert à stimuler la zone anale et être insérée dans l’anus. Elle doit être conçue avec une base qui reste à l’extérieur pour pouvoir le retirer. 

Le masturbateur : souvent conçu en forme de tube, il sert à stimuler un pénis et peut contenir différents types de textures à l’intérieur pour augmenter le plaisir. Il peut y avoir un effet de succion ou de vibration également. Il en existe aussi pour les dicklit, les clitoris-pénis, c’est-à-dire un clitoris plus volumineux qui ressemble à un pénis et qu’on verra, par exemple, chez un homme trans. 

La pompe : conçue pour créer un effet de succion pour donner (si elle est utilisée par quelqu’un.e qui a un problème érectile, par exemple ) et/ou augmenter une érection, elle sert aussi à élargir le membre. Il faut faire attention en l’utilisant, car elle peut créer des blessures si elle est mal utilisée. 

L’anneau pénien (ou cockring) : c’est un anneau qui enserre la base du pénis en érection afin de la conserver plus longtemps et d’élargir le membre. On peut aussi en mettre un plus large sur la base du scrotum. Cela permet d’augmenter la sensibilité et les sensations. 

Le packer : c’est un objet qui a la forme d’un pénis au repos ou en érection que l’on met dans ses vêtements pour créer l’effet d’un véritable membre. C’est un outil beaucoup utilisé chez les hommes trans, par exemple. 

L’extenseur de pénis: le nom le dit; il sert à allonger le pénis, que ce soit pour la masturbation ou pour effectuer une pénétration. On y insère un pénis à l’intérieur et il se porte par-dessus.  

Le gode-ceinture (ou strap-on) : c’est un dildo qui est rattaché à une ceinture, des harnais et/ou une culotte et porté afin de réaliser une pénétration anale et/ou vaginale, se masturber, faire une fellation, etc. Il y en a de toutes les sortes.  

Il y en a plusieurs autres que l’on pourrait nommer, mais il est important de savoir que de plus en plus de jouets sexuels sont non-genrés, mais aussi qu’on s’intéresse également à la création d’objets adaptés aux personnes en situation de handicap. Par exemple, l’activiste et conseiller en sensibilisation au handicap, Andrew Gurza, a lancé avec sa sœur la compagnie Bump!n, qui propose le tout premier jouet sexuel pour les personnes avec des limitations des mains. 

À lire également : quelle est l’origine du vibrateur?

4. L’entretien

Cette question est importante, car elle vous permettra de savoir à quoi vous attendre côté ménage dans vos jouets. Chaque matériau a ses particularités et il faut être vigilant.e face à l’entretien, car cela vous permettra de garder plus longtemps vos joujous. De toute façon, bien nettoyer vos jouets sexuels, c’est la base. La recommandation générale? Les laver après chaque utilisation. Comme certains jouets sont en contact avec des muqueuses, comme le vagin ou l’anus –  des endroits qui sont très sensibles aux bactéries – il est nettement préférable de tout laver systématiquement et ainsi éviter des soucis de santé facilement évitables.

De plus, comme ils sont en contact avec des fluides corporels et les parties intimes du corps, ils sont susceptibles de transmettre des ITSS. Si on fait des échanges de jouets pendant une relation sexuelle par exemple, il faut soit tout nettoyer, soit utiliser un nouveau condom à chaque échange. Même chose aussi si l’on passe d’une pénétration de l’anus vers le vagin; il vaut mieux nettoyer l’objet, le pénis ou mettre un nouveau condom. 

Si vous allez vers un jouet électrifié, il faudra faire le choix entre batteries, avec fil ou sans fil. Selon le site queer Gogo Gadget, qui fait partie de la Alliance of Independent Sex Toy Testers, les jouets à batterie ont une moins longue durée de vie, mais sont moins chers. Ielles avisent cependant que, si on utilise souvent le jouet, il faudra penser fréquemment à changer les batteries. Côté chargement, un fil est évidemment moins pratique et moins subtil. On propose en général de penser à investir un peu plus pour avoir un objet rechargeable (avec un branchement USB, par exemple) pour s’assurer d’avoir un objet plus durable, plus pratique  et que vous pouvez, par exemple, immerger dans l’eau. 

5. Le prix 

Sans surprise, s’il y a des jouets sexuels pour tous les goûts, il y en a aussi pour tous les portefeuilles. Il faut voir quel budget vous souhaitez mettre sur ce type d’objet. Évidemment, c’est comme n’importe quoi : plus on paie, plus on peut avoir de fonctionnalités, de gadgets, etc. Mais ce n’est pas nécessairement le fait de payer un prix fou qui vous donnera le meilleur rendement côté plaisir. Par contre, cela peut donner accès à du matériel plus sécuritaire et durable et, aussi, une meilleure traçabilité de sa provenance et de ses matériaux constituants.

Comme l’explique l’autrice Mélodie Nelson dans Urbania, « Les sites qui vendent autant d’articles de cuisines que d’élastiques pour les cheveux (coucou Amazon et Ebay) laissent la porte ouverte aux compagnies de contrefaçons chinoises, qui, sans réglementation précise, peuvent vendre à des coûts ridicules des jouets fabriqués de matériaux dangereux. » 

En fait, il faut – comme on l’a dit plus tôt – s’informer avant tout sur les matériaux, l’entretien, aller lire des critiques des jouets qui vous intéressent, suivre des blogues et sites web indépendants dont les revenus ne proviennent pas directement des compagnies qui vendent les jouets sexuels; on veut des informations honnêtes et vérifiables, pas une publicité native.

On peut aussi chercher les tops annuels que font plusieurs magazines grand public pour connaître les jouets tendances et, surtout, les meilleures options côté qualité-prix, comme le fait le New York Magazine. De plus, comme les jouets sexuels se commandent beaucoup en ligne, il est préférable de trouver des sites et blogues qui vous interpellent – ton, style, visuels, etc. – afin d’avoir un bon aperçu de ce que vous recevrez, tant côté texture, grandeur, grosseur qu’odeur et sensation. 

Il existe aussi des soirées de démonstration de jouets sexuels. Mais il faut garder en tête que le but est de vendre lesdits produits. Cela dit, ça peut être très chouette de participer à ce genre d’événement, tout en gardant à l’esprit qu’il y a une volonté de faire de vous des client.e.s fidèles. 

Des sites comme Oh Joy Sex Toy, Come As You Are, Go Go Gadget, Good Vibrations peuvent être de bonnes ressources à garder sous la main. Et plusieurs sexologues sont tout à fait capables de vous diriger vers des sources fiables pour s’informer à ce sujet. Bref, la seule façon de trouver un jouet sexuel idéal, c’est de garder en tête les éléments cités plus haut. C’est aussi de tester. Cela permet de savoir ce qui convient le mieux, ce qui vous plaît, ce qui satisfait le plus votre plaisir. Et, le plus important: amusez-vous! 

Les réponses à vos questions

De nombreuses personnes m’ont envoyé des questions variées au sujet des jouets sexuels et voici quelques éléments de réponse :

Quels sont les meilleurs matériaux (plastique, métal, etc.) et les moins irritants, allergènes et perturbateurs endocriniens?

J’en parle dans la section intitulée « Les matériaux », plus haut. Mais, en somme, on peut garder en tête : silicone, acier inoxydable, verre et bois. 

Comment aborder avec son partenaire qu’on souhaite utiliser tel ou tel type de jouets?

On le dit souvent, ça sonne cliché, mais ça demeure vrai : dans toute relation, la clé, c’est la communication. Le mieux c’est de parler ouvertement de votre envie d’essayer un jouet et de voir ensemble comment l’intégrer à vos relations intimes. Commencez doucement, en discutant de ce qui vous tente et en expliquant pourquoi à votre partenaire. Si ça se trouve, la personne qui est avec vous en a envie aussi! Sinon, dans le cas où votre partenaire voit l’objet comme une compétition et le.la fait douter de ses compétences sexuelles, rassurez-le.la.

Utiliser un jouet sexuel n’est pas un déni des qualités d’amant.e de l’autre; c’est simplement l’envie d’explorer d’autres sensations, différemment. Vous pouvez lui dire que l’idée est d’expérimenter ensemble, de connaître de nouvelles sensations et, bref, de se créer de nouvelles avenues pour avoir du plaisir. Ça peut être une belle surprise pour vous et votre partenaire. L’important, c’est de le faire dans le respect, l’écoute, l’empathie. Il faut respecter les limites de l’autre et ne rien forcer. Il y a plusieurs trucs assez chouettes dans cet article de Mashable. 

Est-ce qu’il y a des jouets sexuels qui sont polyvalents (ex. : celui pour stimuler le clito peut-il stimuler autre chose)?

En fait, s’il y a une chose dans laquelle l’être humain excelle, c’est bien d’être créatif dans sa façon d’avoir du plaisir sexuel. Donc, les jouets sexuels ne sont pas en reste et peuvent servir de plusieurs façons. Par exemple, le jouet à succion pour le clitoris pourrait aussi servir à stimuler les mamelons. Un vibrateur peut totalement servir à une pénétration, mais également à stimuler le périnée, la zone anale, l’aine, les seins, les mamelons, alouette. 

Il existe aussi de plus en plus de jouets sexuels non genrés qui sont conçus pour s’adapter à différents corps et parties du corps. Je pense, entre autres, au Endless Love de la compagnie montréalaise Afterglo. Ce type d’objet peut s’utiliser de 1001 façons (ou presque) et permet des explorations et sensations diverses. 

Comment savoir quoi choisir si on n’en a jamais eu?

D’abord, je le répète; il n’existe aucune obligation d’utiliser des jouets sexuels. Il y a tellement de produits du genre offerts partout, qu’il se peut qu’on ressente une pression à s’en procurer. Mais non; vous le faites si vous en avez l’envie et le désir. Donc, si c’est le cas, je vous inviterais à utiliser le petit guide proposé plus haut pour d’abord déterminer ce qui pourrait nous plaire. Il y a des tas d’options sur le marché et ça peut devenir très mélangeant pour savoir ce qui en vaut la peine ou pas. Parfois, les recommandations de votre entourage peuvent être une bonne idée, mais ce qui plaît à une personne ne conviendra pas nécessairement à une autre. Ainsi, prenez le temps de magasiner et lire à ce sujet. En résumé, posez-vous les questions suivantes :

  • Visuellement, qu’est-ce qui m’attire (couleur, forme, grosseur, grandeur, etc.)?
  • Parmi les matériaux les plus sécuritaires, est-ce qu’il y en a un qui m’interpelle plus qu’un autre ? 
  • Quelles sont les fonctions que mon jouet doit avoir ? 
  • Piles, fil ou sans-fil ?
  • Comment le jouet s’entretient? Est-ce compliqué? Est-ce que ça me convient? 
  • Quel est mon budget ? 

Comment intégrer un jouet à sa vie sexuelle alors qu’on n’est pas habitué.e?

Idéalement, le jouet que vous avez acheté va créer un enthousiasme de votre part ou, du moins, de la curiosité. Donc, vous entrez en mode découverte avec votre jouet. Observez-le, touchez-le, habituez-vous à sa texture, sa forme. Faites aller votre imagination pour savoir ce que vous avez envie de faire avec cet objet. Voyez aussi cela comme une nouvelle routine de self-care que vous intégrez dans votre vie. Parce que c’est quand même ça le but : vous faire plaisir. 

Demandez-vous ce que vous êtes à l’aise de faire avec l’objet. S’il s’agit d’un dildo, par exemple, vous pouvez peut-être commencer par vous caresser avec, l’utiliser de façon externe en premier lieu, sur la peau, question de vous habituer à sa texture et sa forme. Si vous avez envie d’y aller directement avec un toucher interne, comme une pénétration, utilisez du lubrifiant pour faciliter l’insertion et allez-y à votre rythme. Pas obligé.e de tout essayer du premier coup; donnez-vous le temps. Offrez-vous aussi l’espace (un lieu confortable et intime) et l’état d’esprit (être détendu.e, relaxe) pour prendre un moment juste à vous. Et, bien qu’on soit nombreuses et nombreux à avoir été élevé.e.s dans la gêne et la honte de la masturbation, essayez de mettre ça de côté. Ce que vous faites là est NORMAL et SAIN.  

Est-ce que les teintures dans le silicone ou le plastique peuvent avoir un impact sur la santé ? 

Comme indiqué dans cet article d’Urbania, si on achète un jouet sexuel sur un site qui vend autant des batteries de cuisine que des jouets sexuels, ça peut laisser place à des produits de moindre qualité et dont la provenance peut être difficile à tracer. Donc, certains jouets pourraient, à ce moment, être conçus de matériaux plus économiques, mais moins sécuritaires. Comme on sait qu’il vaut mieux éviter le contact direct avec des objets qui sont susceptibles, par exemple, d’avoir des phtalates, il faut faire preuve de prudence.

Dans un monde idéal, le jouet que vous achetez proviendra d’un endroit spécialisé où l’on peut vous renseigner adéquatement et vous offrir la liste des ingrédients et matériaux utilisés, afin d’éviter de mauvaises surprises. De façon générale, si l’on a le moindre doute sur la composition du jouet, que ce soit à cause de son odeur, sa texture, son fini; mieux vaut soit éviter le contact direct et interne avec les parties intimes ou mettre un condom à chaque utilisation. 

Est-ce qu’il y a une différence réelle entre un jouet acheté 30$ chez Amazon ou autre, et un jouet « made in Québec » à 220$ ? 

La réponse précédente l’aborde, mais oui, il y a une différence. C’est comme quand on achète un vêtement. Par exemple : vous allez dans une boutique de fast fashion vous sortez de là avec un t-shirt payé seulement 15$. On peut se dire que c’est génial d’avoir trouvé un article vraiment pas cher et tendance. Par contre, on risque d’avoir entre les mains un vêtement avec un tissu de moindre qualité, peu durable et fabriqué au Pakistan dans un sweatshop, où les conditions de travail sont, au mieux, médiocres

Si on va plutôt dans une boutique québécoise, le même t-shirt va probablement nous revenir au moins une centaine de dollars. Non, ce n’est pas pour tous les portefeuilles. Mais, ça encourage les achats locaux, la production de vêtements faite dans des conditions optimales et le produit sera probablement de meilleure qualité et plus durable.

C’est similaire avec un jouet sexuel. Oui, c’est plus cher d’aller vers une marque plus, disons, luxueuse, mais c’est aussi un investissement. Le jouet durera probablement plus longtemps, vous pourrez l’utiliser en toute confiance et vous serez en mesure d’obtenir toutes les informations désirées à son propos. 

Est-ce qu’il y a des jouets sexuels qui peuvent blesser ?

Oui. Si un jouet sexuel est mal utilisé. Par exemple, se forcer à faire une pénétration avec l’objet même s’il cause de la douleur. Ou, encore, l’utiliser malgré une réaction allergique. Cela peut aussi arriver si quelqu’un.e ou utilise l’objet à outrance (jusqu’à ressentir des douleurs). S’il n’est pas lavé ou mal nettoyé, cela peut faciliter la transmission des bactéries et causer des infections. S’il n’est pas nettoyé entre les échanges avec un.e/des partenaires, il peut être transmetteur d’ITSS. 

Aussi, il faut tester ses limites avec le jouet sexuel qu’on utilise. Par exemple, il se peut qu’un jouet à succion ou un vibrateur soit d’une trop grande intensité pour vous. Informez-vous sur la puissance de l’objet pour être sûr.e que cela peut convenir et ainsi éviter d’avoir des douleurs qui pourraient faire en sorte de vous dégoûter de votre jouet et, même, de tout contact sexuel. On ne veut pas ça! 

Est-ce qu’il y en a qu’on peut porter pendant la pénétration ?

Absolument. Si vous avez un clitoris, par exemple, vous pouvez utiliser un jouet à succion pour le stimuler pendant la pénétration. Certains jouets sont aussi conçus en forme de U. Une extrémité du U se pose sur le clitoris et l’autre, à l’intérieur du vagin. Cela peut servir à la fois à créer une vibration et/ou une succion sur le clitoris et sur le pénis du.de la partenaire lorsqu’ielle pénètre le vagin. 

Si vous avez un pénis, vous pouvez pénétrer et utilisez une plogue anale que vous insérez dans l’anus, par exemple. 

Plusieurs jouets offrent de nombreuses possibilités en fait. Suffit d’avoir un peu d’imagination! 😉 

Comment s’en débarrasser s’il ne fait pas l’affaire? S’il ne fonctionne plus?

Ça, c’est une GROSSE question. Déjà qu’on sait que le recyclage n’est pas simple ni si bien organisé au Québec, pas étonnant que la question des jouets sexuels s’ajoute sur la pile déjà longue des problématiques rencontrées dans ce domaine. Cet article de Mashable explique bien la complexité derrière cet enjeu et encourage les gens à acheter moins de nouveaux joujous ou de faire des choix plus écolos. Ce qui en dit long. Toutefois, il existe des pistes de solution. 

La compagnie Come As You Are, située à Toronto, « accepte le silicone et les jouets en plastique ABS (incluant les vibrateurs). » Le site queer Gogo Gadget propose une liste d’idées, dont la revente, l’échange et l’achat usagé. Et je vous entends déjà hurler. En effet, je peux comprendre que l’idée d’acquérir un objet aussi intime déjà utilisé peut sembler un non-sens, voire dangereux. Comme intervenante en santé sexuelle, j’avoue que je ne serais pas portée d’emblée à encourager l’achat de matériel usagé. Évidemment, on recommande de les utiliser avec un condom ou une digue dentaire. On suggère aussi de ne le faire qu’avec des jouets dont le matériau est stérilisable et non poreux. Cela dit, ça demeure un choix personnel. Mais je peux tout de même comprendre que, face aux enjeux environnementaux, c’est une option logique. 

Photo de Anna Shvets provenant de Pexels

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